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cantagrel bach musique instrumentaleGilles Cantagrel a consacré une grande partie de son activité de musicologue, depuis plus d'un demi-siècle, à l'œuvre de Jean-Sébastien Bach. Après deux ouvrages, au début de la décennie, consacrés aux cantates et aux passions, notre confrère met en lumière, dans sa dernière publication, sobrement intitulée J.-S. Bach. L'œuvre instrumentale, toute la production instrumentale du compositeur, qu'il rend ainsi accessible à tous. 

Comment avez-vous conçu ce livre consacré à l’œuvre instrumentale de J. S. Bach ?

Gilles Cantagrel : Tout simplement comme la suite et fin de mes études précédentes, sur les documents historiques, la réflexion esthétique et la musique vocale de Bach. Ce qui constitue un ensemble de quelque 4000 pages en cinq volumes, destiné à tout mélomane de bonne volonté. J’estime que la connaissance de la musique purement instrumentale du compositeur est aussi importante que celle de sa musique vocale pour connaître et aimer le musicien, et en mesurer le génie, ce génie qui ne cesse de nourrir nos âmes et nos esprits.

Pensez-vous que c’est à l’orgue qu’il a donné le meilleur de lui-même ?

G. C. : Non, je ne le pense pas. On le surnomme parfois « le maître de l’orgue », ce qu’il a été, mais sa musique pour clavecin (le Clavier bien tempéré ! les Variations Goldberg ! L’Art de la fugue !), sa musique de chambre, sa musique pour orchestre (les Concerts Brandebourgeois !) sont tout aussi riches et essentielles.

vignal cherubiniC’est peu dire que, après avoir rayonné sur le Paris musical du début du XIXe siècle, l’étoile de Luigi Cherubini a pâli. Dans sa dernière biographie éditée par Bleu Nuit, Marc Vignal revient sur cette figure incontournable de l’histoire de la musique, admirée de Beethoven, Weber, Brahms et tant d’autres. Compositeur d’opéras, de musiques religieuse et de chambre, caméléon politique qui sut traverser sans dommage la Terreur, l’Empire et le Consulat, Luigi Cherubini dirigea pendant vingt ans le Conservatoire de Paris d’une main de fer, élevant cette institution à un niveau d’excellence inédit.

À quelle génération appartient Luigi Cherubini ?

À celle située entre Mozart et Beethoven. Mais, aux côtés de Viotti, Méhul et Lesueur, Cherubini se place en dehors du classicisme viennois. Ces musiciens ont en quelque sorte fondé une tradition française (celle du début du XIXe siècle), dont Berlioz sera le point d’aboutissement.

Difficile de classer ce musicien italien installé à Paris, dont l’harmonie fut souvent taxée de germaniste !

Cela lui a en effet joué des tours, la postérité lui reprochant généralement de ne pas avoir d’identité nationale bien affirmée. Cherubini a quitté l’Italie à vingt-quatre ans pour n’y plus jamais retourner, a été influencé par la musique française mais aussi par Gluck et surtout Haydn. Il s’établit à Paris au moment où y furent créées les Symphonies parisiennes.

vignal vaughan williamsAprès avoir réhabilité la figure de Salieri et tandis qu’un Cherubini est en préparation, notre confrère Marc Vignal fait paraître, toujours chez Bleu Nuit, un Vaughan Williams, première étude biographique publiée en français sur l’un des plus grands symphonistes du siècle dernier. Au fil des pages qu’agrémente une iconographie savoureuse se dessinent à la fois une personnalité attachante, d’une grande intégrité morale durant les deux conflits mondiaux, et un compositeur d’envergure qui sut transcender le matériau populaire dont il s’était inspiré pour acquérir son style propre, lequel allait donner une nouvelle impulsion à la musique anglaise. Puissent les directeurs de salles et les chefs d’orchestre donner un écho favorable à cet ouvrage en programmant – enfin – sa musique !

Avec Serge Pavlovitch de Diaghilev, un pont artistique entre la Russie et la France, Jean-Bernard Cahours d'Aspry fait revivre tout un âge d'or qui doit naturellement beaucoup aux Ballets Russes et à leur cortège de génies (Bakst, Benois, Stravinsky, Cocteau, Picasso et tant d'autres), avec comme fond la Ville lumière, alors phare culturel de toute l'Europe. Bien plus qu'une biographie, une somme, donc, où transparait le commerce de l'auteur avec la Russie, ainsi que ses rencontres avec certains proches du « Dandy aumonocle », sans qui le XXe siècle serait amputé de certains de ses chefs-d'œuvre artistiques les plus significatifs. Jérémie Bigorie à interviewé l'auteur.Sergei Diaghilev 01

Pouvez-vous nous préciser dans quelles circonstances naquit le projet de ce livre et comment avez-vous été amené à rencontrer Boris Kochno ?

Le projet m'est arrivé par hasard, si l'on peut croire que« les hasards ne sont pas lesalibis de la Providence », comme disait Cocteau.

couverture du livre Expériences de la guerre et pratique de la paix. De l'Antiquité au XXe siècle. Presses universitaires de RennesCritique musical sur le site musebaroque, membre du Bureau de la PMi, en charge de la page Facebook, Pedro Octavio Diaz a été amené tout naturellement à s’intéresser à l’opéra comme moyen de communication et de pression diplomatique. Son article intitulé « La Paix des rois, l’ordre des empereurs et les feux de la rampe : aperçu historique de trois siècles de diplomatie opératique » a été publié récemment aux Presses universitaires de Rennes dans le cadre d’un hommage collectif rendu à l’historien Jean-Pierre Bois, anciennement professeur à l’université de Nantes. Jérémie Bigorie lui a posé quelques questions.