Depuis plus de vingt ans, Claire Bodin se consacre à la désinvisibilisation des compositrices : site, « base de données », festival, label discographique permettent peu à peu de lever le voile sur des créatrices trop souvent effacées. La PMI a reçu cette musicienne qui a choisi de se mettre au service de ses consœurs avec un engagement sans faille.Après des débuts au piano au conservatoire d’Angers, Claire Bodin finit par préférer le clavecin. Deux premiers prix du CNSM de Paris (clavecin et basse continue) plus loin, elle suit l’enseignement de Jos Van Immerseel et complète son bagage d’un cursus de chant et d’un Master d’histoire de la musique. Durant ses études, avoue-t-elle, aucune compositrice n’a croisé son chemin. Son appréhension de ce pan entier de l’histoire de la musique qui lui demeure inconnu – et qui l’est alors aussi, en France du moins, pour beaucoup d’interprètes – se fait en plusieurs temps. Concilier vie de musicienne et vie de famille représente une première « prise de conscience de vie », pourrait-on dire. La découverte d’Élisabeth Jacquet de la Guerre fait figure de deuxième détonateur : toutes ces femmes dont elle n’a jusque-là jamais entendu parler existent bel et bien : c’est une « conscientisation de répertoire ». Ce répertoire, on ne le joue pas : la dernière étape, non la moindre par ce qu’elle nécessite – entre autres – d’énergie, est celle des actions à mener !
L'ensemble Musikfabrik, lauréat du Grand Prix « Antoine Livio » 2025 de la Presse musicale internationale, était invité pour deux concerts dans le cadre de Présences, le festival de création musicale de Radio France, consacré cette année à l'œuvre de Georges Aperghis.Quelques minutes avant le début du premier concert, le vendredi 6 février, le Grand Prix a été remis à l'ensemble sur la scène du Studio 104 de la Maison de la Radio et de la Musique par Jean-Guillaume Lebrun, président de la PMi, en présence de Pierre Charvet, délégué à la création musicale de Radio France. L'ensemble était représenté par son intendant, Gregor Hotz, et par deux musiciens : la flûtiste Helen Bledsoe et le contrebassiste Florentin Ginot.
Pour son dernier rendez-vous de l'année 2025, la PMi reçoit le ténor Sahy Ratia, tout juste sorti des représentations de Robinson Crusoé d'Offenbach au Théâtre des Champs-Élysées.Formé très tôt au chant choral à Madagascar dès l’âge de 15 ans, Sahy doit une étape décisive de son parcours à Pierre Catala, grâce à qui il arrive en France à 20 ans pour poursuivre sa formation à Paris, d'abord au conservatoire municipal du 16e arrondissement puis au CNSMD de Paris. Il y travaille avec trois professeurs, dont François Le Roux, et approfondit notamment la mélodie, jusqu’aux Mélodies persanes de Saint-Saëns. Sa carrière prend un véritable essor en 2019 avec l’appui d’un agent et une série de prises de rôles marquantes, de L’Elisir d’amore aux Dialogues des Carmélites au Théâtre des Champs-Élysées, tandis que George Brown dans La Dame blanche de Boieldieu demeure son rôle le plus emblématique. Les expériences de doublure lui permettent d’affiner son rapport aux rôles, tandis que le jeu théâtral s’impose à lui naturellement, dès La Canterina de Haydn au CNSM. La prise de rôle de Gandhi dans Satyagraha de Philip Glass à l’Opéra de Nice l'an dernier constitue une étape majeure, exigeant une concentration extrême au sein d’une mise en scène minimaliste et face aux enjeux du sérialisme.

Formé au Conservatoire de Toulouse de l’école primaire jusqu’à la terminale, il y étudie les percussions tout en poursuivant le piano en second instrument. La batterie, qu’il pratique parallèlement, joue également un rôle essentiel dans sa construction musicale : elle lui apprend la pulsation, la précision et la physicalité du rythme — des qualités qu’il juge déterminantes pour sa carrière. Après une rencontre décisive avec Éric Sammut, il rejoint le CRR de Paris, où il approfondit le vibraphone et le marimba, avant d’intégrer en 2016 le CNSMD de Paris.Curieux et polyvalent, Aurélien explore très tôt d’autres univers : improvisation sur les modes de la musique indienne, travail sur la polyphonie vocale, ouverture à la composition et à l’arrangement (notamment une version personnelle de Ma mère l’Oye de Ravel, basée sur la version pour deux pianos).