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sahy ratia apero pmiPour son dernier rendez-vous de l'année 2025, la PMi reçoit le ténor Sahy Ratia, tout juste sorti des représentations de Robinson Crusoé d'Offenbach au Théâtre des Champs-Élysées.

Formé très tôt au chant choral à Madagascar dès l’âge de 15 ans, Sahy doit une étape décisive de son parcours à Pierre Catala, grâce à qui il arrive en France à 20 ans pour poursuivre sa formation à Paris, d'abord au conservatoire municipal du 16e arrondissement puis au CNSMD de Paris. Il y travaille avec trois professeurs, dont François Le Roux, et approfondit notamment la mélodie, jusqu’aux Mélodies persanes de Saint-Saëns. Sa carrière prend un véritable essor en 2019 avec l’appui d’un agent et une série de prises de rôles marquantes, de L’Elisir d’amore aux Dialogues des Carmélites au Théâtre des Champs-Élysées, tandis que George Brown dans La Dame blanche de Boieldieu demeure son rôle le plus emblématique. Les expériences de doublure lui permettent d’affiner son rapport aux rôles, tandis que le jeu théâtral s’impose à lui naturellement, dès La Canterina de Haydn au CNSM. La prise de rôle de Gandhi dans Satyagraha de Philip Glass à l’Opéra de Nice l'an dernier constitue une étape majeure, exigeant une concentration extrême au sein d’une mise en scène minimaliste et face aux enjeux du sérialisme.

 

Très attaché au répertoire français, qu’il défend avec ferveur — d’Arthur dans Lucie de Lammermoor à l’Opéra-Comique à son intérêt pour Paul et Virginie de Victor Massé —, Sahy participera à la première moderne de La Carmélite de Reynaldo Hahn avec le Palazzetto Bru Zane, tout en abordant Rossini (Ermione à Toulouse) et en rêvant de Platée. Sensible aux mises en scène qui font écho à son propre parcours, tel le Robinson Crusoé d'Offenbach, il affirme aussi son désir de s’ouvrir à la comédie musicale. Conscient de l’évolution future de sa voix, qu’il n’envisage pas dans le répertoire wagnérien, il place la diction au cœur de son art et cultive une vive curiosité pour la création contemporaine, à l’image de sa collaboration avec Nicolas Bacri dans Così fanciulli. Parmi ses projets à venir figure Beppe dans Pagliacci à La Monnaie en 2027, et parmi ses scènes de prédilection, le Théâtre des Champs-Élysées, l’Opéra-Comique ainsi que les opéras de Rennes et de Nice.

Pedro Octavio Diaz
photo © PMi