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Rendez-vous très attendu, le prix Antoine Livio consacre cette année en Leonardo García Alarcón un jeune chef de trente-six ans qui incarne de manière exemplaire un renouvellement dans l'approche du répertoire, en particulier baroque dont il est l'un des spécialistes, tout en soulignant la vitalité de la vie musicale sud-américaine – que le lauréat soit de nationalité argentine ne relève cependant que de la pure coïncidence, sans lien avec le récent conclave. 

Leonardo Garcia Alarcon photo DR

C'est pourtant à Genève que Leonardo García Alarcón s'est installé, ville cosmopolite par excellence, et d'où rayonne une carrière éminemment européenne. Il vient ainsi en voisin à Ambronay, où il est en résidence avec son ensemble Capella Mediterranea depuis plusieurs années, et Alain Buet, le directeur artistique du festival, présent à notre table, ne peut que s'en réjouir, confirmant une vocation de pépinière de talents que ce creuset du baroque désormais trentenaire ne cesse de prouver avec constance.

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photo Christophe Daguet Editions Lemoine
Bruno Mantovani - photo C. Daguet / éditions Henry Lemoine

 

La Presse musicale internationale fait le choix de l'avenir en décernant le Grand Prix Antoine Livio 2009 au jeune compositeur Bruno Mantovani. Auteur d'œuvres remarquées – tels le Livre des illusions créé en juin dernier ou un Concerto pour deux altos écrit pour Antoine Tamestit et Tabea Zimmermann –, ce jeune maître de l'écriture pour orchestre, né en 1974, sera à l'affiche de l'Opéra Bastille en mars 2011 avec son deuxième opéra, inspiré par la vie de la poétesse Anna Akhmatova. Rencontre avec le lauréat et témoignages de quelques-uns de ses collaborateurs et amis.

 

EvaMariaWestbroek laureate Prix Livio 2009

Nous publions ici, consécutivement à la remise du prix Antoine Livio pour l'année 2008, les témoignages des plus proches collaborateurs d'Eva Maria Westbroeck.

 

 

 

 

 

Didier Van Moere : Y a-t-il un style Langrée ? Comment travaillez-vous une œuvre ?

Louis Langree photo DR

DVM : Toute œuvre raconte quelque chose ?Louis Langrée : Il n'y a pas de style Langrée. Pour les œuvres, cela dépend. Il y en a que j'apprends pour la première fois, d'autres que je connais depuis trente ans, qui appartiennent au grand répertoire d'orchestre. J'ai étudié la Première Symphonie de Brahms, que je viens de diriger à Lyon, à 16 ans, alors que je n'imaginais absolument pas devenir chef d'orchestre. Dans les deux cas, j'essaie d'abord d'étudier la structure, de voir surtout ce que dit l'œuvre. Je suis influencé par ma pratique de l'opéra : dans un opéra de Mozart, toute phrase musicale est en relation avec le théâtre. Quand vous travaillez avec un orchestre, vous n'êtes pas dans le « comment faire », mais dans le « quoi dire ».

LL : Oui, mais c'est une dramaturgie musicale. Dans la Quarantième Symphonie, Mozart se livre, il y a quelque chose à y raconter. A l'opéra on a la dramaturgie théâtrale, qu'épouse ou que contredit la dramaturgie musicale, mais il y a toujours un lien profond entre les deux. Dans les œuvres symphoniques, il est plus difficile de trouver une cohérence dramaturgique. A l'époque de Mozart, cela allait davantage de soi : les orchestres de fosse étaient aussi des orchestres symphoniques, comme aujourd'hui aussi certains orchestres germaniques, ceux de Dresde, de Leipzig ou de Vienne, par exemple. Cette double culture est un apport très précieux.